En copropriété, deux contestations reviennent sans cesse : la répartition ou le montant des charges, et la régularité des décisions d'assemblée générale. Les deux obéissent à des règles strictes de délai et de preuve. Et dans les deux cas, le copropriétaire qui gagne est celui qui arrive avec des pièces, pas avec un sentiment d'injustice.
Les charges générales se répartissent selon les tantièmes, les charges spéciales selon l'utilité objective du service ou de l'équipement pour chaque lot. Un copropriétaire de rez-de-chaussée sans accès à l'ascenseur, un lot qui n'est pas raccordé au chauffage collectif, des tantièmes qui ne correspondent plus à la consistance réelle des lots après division : autant de cas où la grille de répartition du règlement peut être contestée, voire déclarée non conforme à la loi. L'action en révision de la répartition existe, mais elle suppose de démontrer un écart significatif, chiffres en main.
Travaux relevant des parties communes facturés à un seul lot — ou l'inverse. Dépenses engagées sans vote. Prestations facturées et non exécutées. Consommations d'eau ou de chauffage aberrantes au regard du bâti. Ici, la contestation se joue sur les pièces comptables et sur la réalité matérielle de la prestation.
Une charge appelée sur le fondement d'une décision d'AG ne peut plus être discutée si la décision est devenue définitive. C'est pourquoi contester l'appel de fonds sans avoir contesté la résolution qui le fonde mène souvent à l'échec.
Le copropriétaire opposant ou défaillant dispose d'un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour saisir le tribunal judiciaire. Ce délai est un couperet. Un copropriétaire qui a voté pour la résolution ne peut pas l'attaquer.
C'est le point que la plupart des copropriétaires sous-estiment. Un avocat construit un raisonnement ; il lui faut de la matière.
Elles transforment une contestation théorique en démonstration :
Écrivez au syndic avant l'AG pour faire inscrire vos points à l'ordre du jour. Faites acter votre vote « contre » au PV — c'est la condition de votre recours. Demandez la communication des pièces comptables, c'est votre droit. Réunissez vos constats techniques avant l'expiration des deux mois, puis confiez l'ensemble à un avocat spécialisé en droit de la copropriété.
Pour le volet technique de votre dossier — mesures, diagnostics, rapport d'expertise défendable en justice — un expert bâtiment indépendant comme Cassini Expertise, en région PACA, complète l'action de votre avocat.