Acheter en VEFA (vente en l'état futur d'achèvement), c'est signer pour un logement qui n'existe pas encore. Quand le chantier déraille — retard, finitions bâclées, surface manquante, équipements non conformes — l'acquéreur se retrouve seul face à un promoteur outillé. Deux professionnels interviennent alors, mais pas au même moment ni pour la même chose : l'avocat porte le droit, l'expert bâtiment porte la preuve.
Le jour de la livraison, vous signez un procès-verbal. C'est le document le plus important de tout le dossier. Toute non-conformité ou tout défaut apparent doit y être consigné noir sur blanc : carrelage fissuré, menuiseries qui ferment mal, VMC absente, peinture non finie, revêtement différent de la notice descriptive. Un défaut non réservé et apparent devient beaucoup plus difficile à faire réparer ensuite. Le promoteur dispose ensuite d'un délai pour lever les réserves ; passé ce délai, le blocage commence.
Fissures, infiltrations en pied de façade, planéité de sol hors tolérance, isolation phonique insuffisante entre logements, surface habitable inférieure à celle vendue. Ces sujets relèvent soit de la non-conformité contractuelle (l'ouvrage ne correspond pas à la notice), soit des garanties légales : garantie de parfait achèvement pendant un an, garantie biennale sur les équipements dissociables, garantie décennale sur ce qui compromet la solidité ou rend l'ouvrage impropre à sa destination.
Le contrat prévoit une date ou un trimestre de livraison, et souvent des pénalités. Le promoteur invoque presque systématiquement des « causes légitimes de suspension » : intempéries, défaillance d'entreprise, pénurie de matériaux. Tout l'enjeu est de vérifier si ces causes sont réellement justifiées et correctement décomptées — un travail de lecture contractuelle et de reconstitution du calendrier de chantier.
L'avocat qualifie juridiquement votre situation : êtes-vous sur le terrain de la non-conformité, de la GPA, du vice caché, du retard indemnisable ? Il sécurise les délais, qui sont courts et redoutables en VEFA. Il rédige la mise en demeure, négocie avec le promoteur ou son assureur, et surtout il saisit le juge des référés pour obtenir une expertise judiciaire lorsque le dialogue est rompu. Il chiffre votre préjudice : coût des reprises, perte de jouissance, frais de relogement, moins-value.
L'expert bâtiment indépendant intervient en amont et en parallèle. Concrètement il :
Sans ce socle technique, l'avocat plaide dans le vide : le promoteur répond « défaut d'usage », « tolérance normale », « absence de gravité », et la discussion s'arrête là.
Conservez tout : contrat de réservation, acte notarié, notice descriptive, appels de fonds, PV de livraison, échanges écrits. Privilégiez l'écrit avec le promoteur. Ne payez pas le solde sans réserve si le logement n'est pas conforme — la consignation est possible et se prépare. Et n'attendez pas : chaque garantie a son horloge.
Pour le volet technique de votre dossier — mesures, diagnostics, rapport d'expertise défendable en justice — un expert bâtiment indépendant comme Cassini Expertise, en région PACA, complète l'action de votre avocat.